17/11/20

Se faire raser la barbe au Pendjab,
ce n’est pas facile. Etant donnée
l’importance culturelle et religieuse
de la pilosité masculine (et féminine,
mais c’est une autre histoire),
le barbier ne comprend pas l’instruction
et vous la shampouine, vous la taille,
vous la masse et vous l’huile,
tout sourire et quand vous réexpliquez
votre souhait d’en finir entièrement,
il comprend, dodeline de la tête
et la raccourcit un peu.

C’est comme si vous apportiez votre chien
au toilettage et demandiez qu’on l’égorge.
Comme si vous alliez chez le tailleur
et demandiez qu’il vous déshabille
pour partir mendier nu sur des chemins boueux.
Comme si vous donniez à votre jardinier
un lance-flammes et trois bidons d’essence.
Comme si vous alliez chez le médecin
avec votre enfant et un marteau.

Pour ne pas le vexer, vous irez
dans un autre salon de coiffure
la faire raccourcir un peu plus
en espérant à la fin
être à l’heure pour votre dîner.

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